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Garder ou rendre ton appartement avant ton VIE : le calcul qui tranche

Maxime 24 Sep 2026 6 min de lecture

Dans cet article :

Le saviez-vous ?

Garder ton appartement vide pendant un VIE (volontariat international en entreprise) coûte 13 360 € de loyer pour 800 € par mois, sur les 16,7 mois de durée moyenne d'une mission (enquête EDHEC × Business France 2025). Charges et assurance comprises, tu es autour de 14 860 € non récupérables. Rendre puis reprendre un appartement équivalent au retour coûte 2 250 à 4 350 € à Paris pour 30 m². L'écart est de 3 à 6 fois : sur le papier, rendre gagne presque toujours.

Ce qui renverse le calcul, c'est ce que les chiffres ne disent pas : un loyer très en dessous du marché, un quartier où tu sais que tu ne retrouveras rien, ou un bail que tu ne veux pas perdre.

Le vrai calcul, poste par poste

Sur 16,7 mois, pour un loyer de 800 € et un 30 m² à Paris.

Si tu gardes l'appartement vide

  • Loyer : 13 360 €
  • Charges et assurance : environ 1 500 €
  • Total non récupérable : environ 14 860 €

Si tu rends et reprends au retour

  • Garde-meuble de 5 m² : 1 300 à 2 400 €
  • Déménagement aller et retour : 500 à 1 500 €
  • Frais d'agence au retour : 450 €
  • Dépôt de garantie : un mois, récupérable
  • Total non récupérable : 2 250 à 4 350 €

Les frais d'agence sont plafonnés par la loi : 12 € par m² en zone très tendue, 10 € en zone tendue, 8 € ailleurs, plus 3 € par m² pour l'état des lieux d'entrée (service-public.gouv.fr, fiche sur les honoraires d'agence). Pour 30 m² à Paris, tu es à 360 € plus 90 €, pas plus.

Rapporte ça à ta mission : 14 860 €, c'est près de six mois d'indemnité VIE à Madrid (2 524 € par mois, barème Business France 2025), ou trois mois à Londres.

Rendre : ce que dit ton bail exactement

Ton préavis dépend de deux choses, la zone et le type de bail.

  • Meublé : un mois, partout en France.
  • Vide en zone tendue (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Toulouse, Montpellier, Nice et la plupart des grandes agglomérations) : un mois.
  • Vide hors zone tendue : trois mois.

Le préavis court à partir de la réception de ta lettre recommandée par le propriétaire, pas de la date où tu l'écris. Un départ en VIE n'ouvre aucun préavis réduit particulier : ce n'est ni une mutation professionnelle au sens du bail ni un premier emploi si tu travaillais déjà. Compte donc ton mois en partant de la réception, et pas de ton vol.

Ton dépôt de garantie revient sous un mois si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, sous deux mois sinon. Depuis l'étranger, donne un RIB et une adresse de correspondance en France, sinon le virement traîne.

Garder : les trois vérifications avant de partir

Si tu gardes, trois points se règlent avant le départ, pas après.

Ton assurance habitation. La plupart des contrats plafonnent l'inoccupation continue à 90 jours. Au-delà, un dégât des eaux ou un cambriolage peut ne plus être couvert. Un appel à ton assureur suffit à savoir si ton contrat prévoit une extension, et à quel prix.

Ton propriétaire. Tu n'as pas à lui demander l'autorisation de t'absenter, mais si quelqu'un doit occuper l'appartement pendant ce temps, son accord écrit devient nécessaire.

Le courrier et les compteurs. Une réexpédition de La Poste vers l'étranger, un relevé de compteurs avant de partir, et un voisin qui a tes clés. Un appartement fermé 16 mois sans personne qui y passe, c'est le scénario où une fuite se découvre à ton retour.

Si tu es propriétaire, le calcul change de nature

Pas de préavis, pas de bail à perdre : ton arbitrage porte sur le crédit qui continue de tourner et sur un bien vide pendant plus d'un an. Ton seul interlocuteur avant de partir est ton assureur, avec la même clause d'inoccupation. Le reste est une question de ce que tu veux faire du logement pendant que tu n'y es pas.

La troisième voie : garder sans payer dans le vide

Le calcul du dessus oppose deux options parce que c'est comme ça que la question se pose d'habitude. Il en existe une troisième : ton appartement reste le tien, il est occupé, et pendant ce temps tu vis dans celui de quelqu'un d'autre dans ta ville de mission.

C'est ce que &Swapp organise. Tu poses un projet avec tes dates et ta destination, les identités et les logements sont vérifiés, il y a un état des lieux. Le relais existe déjà de façon artisanale sur le forum des VI, où un volontaire qui rentre laisse son appartement à celui qui arrive. L'échange n'a pas besoin d'être simultané, ni de couvrir tes 16 mois d'un seul bloc. Pour un premier échange, c'est 29 € (voir la page tarifs), sans abonnement.

Là encore, si tu es locataire, l'accord écrit de ton propriétaire reste la première étape.

Ta décision en trois questions

  1. Ton loyer est-il au moins 20 % sous le marché de ton quartier ? Si oui, garder se défend, l'écart se rattrape en deux ou trois ans.
  2. Sais-tu que tu reviens dans cette ville ? Si non, rends. Payer 14 860 € pour une option que tu ne lèveras pas est le pire des scénarios.
  3. Es-tu prêt à ce que quelqu'un y vive pendant ton absence ? Si oui, la troisième voie règle ton appart en France et ton logement là-bas en une fois.

Pour le panorama complet des quatre destins possibles de ton appartement, dont le prêt à un proche, va voir que faire de ton appartement pendant ton VIE. Et pour savoir ce qu'il te restera une fois logé là-bas, le budget mensuel d'un expatrié en 2026 donne les ordres de grandeur ville par ville.

Sources : enquête EDHEC × Business France 2025 (3 150 anciens VIE) ; barème des indemnités VIE 2025, Business France ; service-public.gouv.fr, fiches F1168 (préavis du locataire) et F31269 (honoraires d'agence).

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